Quand, au cours de mes guidances, je demande : « Si je vous dis araignée, à quel mot pensez-vous ? », les réponses sont souvent : noire, poilue, velue, plein de pattes, ça pique, beurk, c'est dangereux… Et vous, en lisant ces lignes, à quoi pensez-vous ?
Puis je poursuis : « Quelles espèces connaissez-vous ? ». Là encore, les réponses se ressemblent : les tégénaires, les pholques… qui habitent nos maisons et nous font sursauter quand elles se retrouvent dans la baignoire ou l'évier. Alors, quand je montre une araignée-crabe dans une fleur ou une minuscule araignée sauteuse, l’étonnement est immédiat.
La représentation, très souvent négative, des araignées dans les médias et la culture populaire occidentale a forgé notre imagination. Cette page a pour objectif de vous les faire découvrir - car elles sont fascinantes, vous verrez, de vous donner des clés pour mieux les préserver... et l'envie de les faire découvrir à votre tour.
Non et Non !
Il en existe de (presque) toutes les couleurs: des jaunes, des blanches, des roses, des vertes...mais il est vrai qu'on connaît surtout la tégénaire des maisons qui est sombre.
Le corps de l'araignée porte de nombreuses soies, et non des poils, utiles pour se protéger et analyser leur environnement.
👉 Ces soies détectent le taux d’humidité, la présence de phéromones, «goûtent» les aliments ou les substances toxiques, et sont très sensibles aux vibrations et aux courants d’air.
On peut observer un peu plus de 700 espèces d’araignées, réparties en +/- 36 familles. On compte plus de 46.000 espèces (connues) dans le monde, 7.000 en Europe, 1.700 en France.
👉 Une simple prairie peut accueillir entre 3 et 4 millions d’araignées par an et par hectare.
👉 On estime qu'il y a toujours une araignée à moins de 1 mètre de nous.
Non!
Ce sont des arachnides (comme les scorpions ou les acariens): elles ont 8 pattes (non 6), un corps en 2 parties (non 3) - et des filières.
👉 Les deux parties du corps sont nommées le céphalothorax (ou prosoma), recouvert d’une carapace dure contenant de la chitine,et l’abdomen (ou opisthosoma), souple, qui se termine par des filières.
Les araignées possèdent des chélicères, formées d’une tige et d’un crochet, qui servent à mordre les proies et à leur injecter du venin. Les pédipalpes ("pattes-mâchoires"), situés à l’avant, jouent un rôle sensoriel et, chez le mâle, servent à la reproduction.
Oui !
L'araignée est un arthropode (comme les crustacés ou les insectes). Et, comme tous les arthropodes, elles possèdent un exosquelette rigide qui ne grandit pas avec elles. Elles doivent donc s’en débarrasser régulièrement au cours de leur croissance, en particulier durant les stades juvéniles.
👉 Une fois adultes, les mues deviennent rares, voire inexistantes selon les espèces.
Généralement huit, parfois six (et certaines espèces peuvent même en être dépourvues).
Ces yeux sont dits « simples », à la différence des insectes qui ont des yeux « composés ». Ils servent à repérer les formes globales, les changements de lumière et de polarisation.
Certaines espèces ont des gros yeux qui leur fournissent une bonne vision.
👉 La taille et la disposition des yeux varient selon les familles et en permettent l’identification.
Non ! les araignées ne portent ni dard ni aiguillon.
Elles mordent avec leurs chélicères, deux appendices en forme de crochets.
Ces crochets leur permettent d'injecter du venin à leurs proies, afin de les immobiliser.
👉 En Belgique, seules quelques-unes sont capables de percer la peau humaine, et aucune n'est dangereuse.
👉 Les araignées injectent des sucs digestifs dans leur proie, pour liquéfier les tissus. La proie peut alors être aspirée par l’araignée. On parle de digestion externe.
Non !
Il existe une famille, celle des Uloboridae, qui ne possède pas de venin.
👉 Produire du venin coûte cher en énergie - elle ne le fera donc que si c'est strictement nécessaire, dans le cadre de la chasse ou en tout dernier recours pour se défendre.
Dans le monde, une quinzaine d'espèces sont potentiellement dangereuses. En Europe, seules la Veuve noire et l'Araignée violoniste (pourtour méditerranéen) ont des morsures qui peuvent exceptionnellement causer des problèmes médicaux (non mortels). Elles sont très craintives et on ne les rencontre donc que très rarement.
👉 Et non, elles ne sortent pas la nuit pour mordre les dormeurs où s'introduire dans leurs bouches...
Non !
Bagheera kiplingi, araignée sauteuse d'Amérique centrale, se nourrit de nectar et de corps beltiens (sécrétions protéiques et lipidiques) des acacias, produits pour attirer les fourmis responsables de la protection des arbustes. Son régime est carnivore à 10-20% environ.
Oui !
Elles possèdent toutes des glandes de formes et de tailles différentes, situées dans l'abdomen, qui produisent des soies de composition différentes. La soie liquide est véhiculée par des canaux qui débouchent au niveau des filières. Par un phénomène physico-chimique, la soie sort solide.
👉 Certaines araignées sont dites cribellates, car elles possèdent un organe particulier, le cribellum, une filière spéciale en forme de plaque, et un calamistrum sur la 4eme paire de pattes, une sorte de peigne, qui leur permet de carder la soie. Ces toiles sont laineuses et bleutées, en "velcro".
Oui! Grâce au « ballooning ».
En libérant un fil de soie et en profitant des courants ascendants, les araignées se laissent emporter par le vent, parfois jusqu’à de très hautes altitudes.
👉 Ce mode de déplacement joue un rôle essentiel dans la dispersion des espèces ainsi que dans la colonisation de nouveaux milieux.
👉 Les « fils de la Vierge », « cheveux d'ange » ou « pluie d'araignées » sont un phénomène naturel spectaculaire où des milliers de jeunes araignées se déplacent en masse en volant grâce à des fils de soie emportés par le vent.
Non !
Près de la moitiés des espèces sont dites "errantes" et chassent sans toile.
Parmi celles qui chassent avec une toile, il y en a qui en font de forme géométrique ("orbitèle"), d'autres en nappe, en tube...
👉 On estime que la chasse sans toile est une évolution - car la toile est un lieu où l'araignée est plus vulnérable aux attaques de prédateurs, comme les oiseaux.
👉 La soie ne sert pas qu'à confectionner des toiles. Cela peut aussi servir à enrober des proies, réaliser un cocon protecteur des œufs, réaliser des loges ou retraites, et pour le déplacement...
Oui!
La taille: les messieurs sont plus petits, parfois très significativement.
Leurs pédipalpes sont renflés en bulbes copulateurs (ou "gants de boxe"). Chez les femelles ils ressemblent juste à de petites pattes.
👉 L'accouplement des araignée sont dites "clé-serrure": les bulbes copulateurs du mâle ne sont compatibles qu'avec l'appareil reproducteur ("épigyne") de la femelle de leur espèce. Après accouplement, certains mâles y laissent le bulbe copulateur afin de "boucher" l'épigyne de la femelle.
èNon!
Contrairement à la croyance populaire, les mâles ne sont pas systématiquement tués et mangés par les femelles. Il leur arrive même de se reproduire plusieurs fois ou de cohabiter un temps avec la femelle.
👉 Et quand ils se font manger, cela répond à une logique de reproduction: cela procure à la femelle les protéines nécessaires à la maturation des œufs, ce qui favorise la transmission des gènes du mâle.
Il existe une multitude de méthodes:
Ils jouent du tambour: chez de nombreuses espèces, le mâle s'annonce en tapotant sur la toile de la femelle...et celle-ci indique alors son consentement. Ou pas.
Ils chantent: certaines espèces sont capables de striduler.
Ils offrent un cadeau: c'est notamment le cas de Monsieur Pisaure admirable.
Ils abusent d'une mineure: chez certaines espèces, le mâle trouve une femelle juvénile, et attend qu'elle effectue sa dernière mue. Alors qu'elle est encore "molle" et sans défense, il s'accouple. E.g. les Gnaphoses.
Ils dansent: la famille des Saltiques.
👉 Cherchez sur internet une vidéo de la fameuse danse de l'araignée-paon !
Vrai !
La femelle pond ses œufs et les entoure plus ou moins de soie pour former un cocon. Ensuite, soit elle va le dissimuler dans la végétation, soit elle va se déplacer et le porter avec ses chélicères (Pisaures) ou filières (Lycoses). Toutes les araignées élaborent un cocon plus ou moins sophistiqué: quelques fils (Pholcidés) ou multi-chambres (Agélénidés).
👉 De nombreux genres s'occupent de leur progéniture après l'éclosion - jusqu'à inciter à se faire manger en fin de vie.
La plupart vivent entre 6 mois et 2 ans. Cependant, la durée de vie varie énormément selon l'espèce : chez les mygales, les femelles vivent de 15 à 30 ans, tandis que les mâles ne vivent souvent que 5 à 10 ans, mourant peu après avoir atteint la maturité sexuelle pour se reproduire.
👉 Le cycle de vie des araignées comprend plusieurs étapes clés : œuf, nymphe (ou stade juvénile) et stade adulte.
👉 La durée de vie est influencée par plusieurs facteurs: la disponibilité des ressources alimentaires, les conditions environnementales et les interactions avec les prédateurs et les parasites.
1. Équilibre des écosystèmes : elles régulent les populations d’insectes et servent aussi de nourriture à d’autres animaux.
Pour nous:
2. Insecticide naturel : elles dévorent d’énormes quantités d’insectes (400 à 800 millions de tonnes par an), aidant à limiter les nuisibles pour les cultures et les humains.
👉 C'est autant de « viande » que ce que mangent tous les humains. C'est aussi une à deux fois la biomasse totale de tous les humains peuplant la planète.
3. Biomimétisme : leur soie, très légère et ultra résistante, inspire de nombreux matériaux (textile, industrie, médecine). Leur venin pourrait permettre de créer de nouveaux antidouleurs.


James Henry Emerton (1902)

Wikipedia

Vue faciale des yeux (© Pierre Oger 2011)

© Thomas Shahan

Soies très visibles chez cette Pisaure admirable

Ballooning. https://asknature.org



Danse de parade nuptiale (Saltique): Il lève sa 3ème paire de pattes et fait des entrechats

Danse de parade nuptiale (Saltique)

Cadeau nuptial en préparation (Pisaure)

Pédipalpes renflés en "gants de boxe"

Pédipalpes renflés en "gants de boxe"

Accouplement: le mâle est le plus petit
36 familles, c'est intimidant ! Je vous en propose donc 13: 12 sont particulièrement fréquentes et facilement observables, et j'en rajoute une emblématique, les Mygales.
On distingue les Mygalomorphes, qui ont les Chélicères "droites" - les mouvements se font de haut en bas ("orthognathes"), des autres araignée, dites Aranéomorphes, dont les crochets se referment en se croisant comme des pinces ("labidognathes").
Parmi les Aranéomorphes, on distingue celles qui utilisent une toile-piège - géométrique, en nappe ou en tube...et et les errantes, qui utilisent diverses techniques de chasse.
Les 13 familles présentées ci-dessous comprennent 1 famille Mygalomorphe, 6 familles d'Aranéomorphes utilisant une toile-piège, et 6 familles d'Aranéomorphes errantes.

La seule mygale indigène en Belgique est la Mygale à chaussettes (Atypus affinis), une petite espèce discrète vivant dans des terriers dits "en chaussettes", notamment en Forêt de Soignes ou le Viroin. Inoffensive, elle est rarement observée.
Elle est brune-noire, mesure environ 1 cm, et vit dans des tubes de soie de 20-40 cm enterrés. Elle possède 8 yeux, groupés au bord du clypeus (partie inférieure de la face). Photo Wikipedia.
Elle aime les sols calcaires ou sablonneux, ensoleillés à mi-ombragés. Elle peut mordre en cas de manipulation directe, mais c'est rare.

39 espèces en Belgique, la plus commune est l’Épeire diadème.
L'abdomen est souvent triangulaire (grande largeur dans le tiers antérieur), les yeux médians antérieurs sont plus éloignés que les médians postérieurs. Elles portent souvent des dessins sur leur abdomen et ont des couleurs variées.
Leurs toiles sont parfaitement géométriques avec des fils radiaux (structure de base) et spirales (pour piéger les proies) qui forment une structure circulaire (orbitèle). L’araignée attend souvent au centre ou dans une retraite reliée par un fil de soie.
Les genres fréquents sont: Aculpeira (e.g. Épeire des bois), Araneus (e.g. Épeire diadème, avec sa croix sur l’abdomen), Araniella, Argiope (e.g. Argiope frelon, jaune et noire, amatrice de criquets et toile comportant un stabilimentum en zig-zag), Mangora (Mangore petite-bouteille), Nuctenea (e.g. Épeire des fissures), Zygiella.

15 espèces en Belgique, la plus commune est Tetragnatha extensa.
Elles se reconnaissent à leur corps allongé, leurs pattes fines et très longues, et leurs chélicères proéminentes (lames maxillaires plus longues que larges) que les mâles utilisent lors de l’accouplement pour maintenir la femelle à distance. Leur couleur varie du brun au vert, souvent avec des reflets métalliques leur assurant un excellent camouflage dans la végétation. Elles adoptent fréquemment une posture parallèle aux tiges, les pattes étendues vers l’avant et vers l’arrière, ce qui les rend presque invisibles. Cette capacité de mimétisme est une adaptation efficace contre les prédateurs. Les tétragnathes tissent des toiles orbiculaires régulières, au moyeu central ouvert, généralement inclinées. Elles les tendent souvent à proximité de l’eau — ruisseaux, mares, fossés.
Les genres fréquents sont Tetragnatha et Meta.

14 espèces en Belgique. La plus commune étant Eratigena atrica (la tégénaire des maisons).
Elles sont reconnaissables aux motifs abdominaux (lignes brisées ou de chevrons), pattes soyeuses et filières postérieures bi-segmentées. Ses yeux disposés en deux rangées de 4.
Ces araignées sont connues pour leurs toiles (non-collantes) en nappe horizontale avec une retraite tubulaire (entonnoir) dans laquelle l’araignée se cache. Lorsqu’une proie touche la toile, l’araignée surgit avec une vitesse impressionnante pour la capturer. Elles sont dotées de longues pattes effilées, adaptées à la course.
Les genres fréquents sont Tegenaria, Eratigena et Agelena (e.g. Agelena labyrinthica - photo).

4 espèces en Belgique. La plus commune est Amaurobius fenestralis.
Elles possèdent un cribellum et un calamistrum: elles tissent des toiles cribellates bleutées – faites de soie laineuse non collante – souvent dans les murs, les fentes de rochers, ou sous les écorces. Elles chassent en embuscade, et sont parfois appelées « araignées des fissures ». Elles sont surtout nocturnes. Elles sont sombres, souvent avec une ornementation abdominale typique d’aspect doré autour de la tache cardiaque. Elles réagissent au diapason.
A noter que les femelles d'Amaurobius ferox (photo) peuvent infliger des morsures douloureuses.
Les genres (en Belgique) sont Amaurobius et Callobius.

3 espèces en Belgique. La plus commune est Segestria bavarica
Cette famille est haplogyne (organes génitaux simples) et n'a que 6 yeux.
Toile typique avec fils rayonnants autour d'un trou et retraite tubulaire dans celui-ci - sur de vieux murs par exemple.
Un seul genre: Segestria.

269 espèces en Belgique. La plus commune est Linyphia triangularis
(Tisserand triangle) .
De nombreuses espèces ont un aspect sombre, sans motif.
Elles se présentent "le ventre à l’air" sur la toile. Cette toile est convexe, non-collante, avec de nombreux fils verticaux ("en 3 dimensions"). Certaines espèces possèdent un organe stridulatoire utilisé pendant la parade nuptiale.
Nombreux genres, dont Linyphia, Erigone.

47 espèces en Belgique. La plus commune est Marpissa muscosa
Elles ont un corps compact, des pattes robustes et de grands yeux frontaux, qui leur confèrent une excellente vision binoculaire et une capacité à détecter les mouvements avec précision, d’évaluer précisément les distances, et de suivre des mouvements. Elles ne construisent pas de toiles pour chasser, mais traquent activement leurs proies, qu’elles capturent par un saut soudain, parfois jusqu’à 50 fois leur propre longueur corporelle. Leurs comportements de parade nuptiale sont souvent très élaborés (sorte de dance).
Les genres fréquents sont Evarcha (ou "araignées sauteuses zèbres" en raison des marques noires et blanches rappelant les rayures d’un zèbre), Heliophanus (aux chélicères jaune-vert fluo), Marpissa, Salticus (e.g. Salticus scenicus, Saltique arlequin ou chevronnée, qui aime la rocaille, les murs et les endroits chauds. Sa couleur, blanc-gris avec bandes noires lui permet de se fondre dans son habitat).

45 espèces en Belgique. La plus commune est Drassodes lapidosus.
La particularité de cette famille est d'avoir de longues filières antérieures, visibles du dessus. L'abdomen est souvent unicolore (beige à noir) ou avec quelques taches blanches.
La plupart sont nocturnes, se réfugiant en journée dans des loges de soie - sous des pierres par exemple. Elles chassent notamment d'autres araignées.
Certains genres (e.g. Micaria) ressemblent à des fourmis.
Souvent, les mâles édifient une loge à proximité d'une femelle subadulte, et s'accouplent rapidement dès que la femelle effectue sa dernière mue et devient adulte.
Les Zélotes construisent des cocons circulaires aplatis, en forme de tétine, adhérents à la face inférieure des pierres, la femelle se tenant à côté.
Les genres fréquents sont Drassodes, Zelotes, Trachyzelotes, Gnaphosa.

37 espèces en Belgique. La plus commune est Misumena vatia
Elles ont une apparence de crabe, avec les pattes I et II plus robustes, et marchent de côté. L'abdomen est souvent d’aspect trapézoïdal. Les yeux sont sur tubercules.
Elles sont expertes dans l’art du camouflage et de l’embuscade. On les observe souvent immobiles sur des fleurs ou des feuilles, où elles attendent que des insectes pollinisateurs s’approchent pour les saisir avec leurs puissantes pattes antérieures. Certaines espèces comme
Les genres fréquents sont Diaea (les femelles ont des pattes et un céphalothorax verts, avec une grande tache brune sur l’abdomen. Les mâles ont les pattes annelées de brun. Leur corps peut être brunâtre), Ebrechtella (visuellement proches des Diaea), Misumena (dont Misumena vatia, la Misumène variable, qui peut changer de couleur pour s’adapter à son support - de jaune à blanc. Ce changement prend un à quelques jours), Synema (e.g. Synema globosum, la thomise globuleuse ou la Thomise Napoléon, présente un dessin sur son abdomen ressemblant à la silhouette du buste de l’Empereur), Xysticus (chez ce genre, pour l’accouplement, le mâle attache la femelle au sol avec un fil de soie, ce qui lui évite de se faire dévorer... la femelle s'en détache très facilement après l'accouplement. Ensuite, la femelle tisse un cocon de soie blanc, aplati et accolé à une plante. Elle protège sa ponte et les jeunes jusqu’à sa mort).

19 espèces en Belgique. La plus commune est Philodromus cespitum.
Elles sont proches de Thomises, mais leurs pattes sont de même taille (F). Leur corps est aplati, avec des pattes longues et étalées sur les côtés, ce qui leur confère une excellente capacité de camouflage. Le prosoma est circulaire. L'abdomen est souvent allongé et/ou pointu. Les yeux sont sur tubercules.
Contrairement à leurs cousines les Thomises, elles chassent activement leurs proies, souvent par surprise. On les observe souvent sur les troncs d’arbres, les murs, les feuilles ou la litière.
Les genres fréquents sont Philodromus (corps plat, longues pattes antérieures et coloration souvent cryptique), Tibellus (qui ont un aspect allongé et l’habitude d’étendre leurs pattes le long des tiges des plantes. Leurs couleur beige à brune les rend difficiles à détecter sur les plantes desséchées où elles chassent) et Thanatus (e.g. Thanatus formicinus, l'araignée diamant ou araignée crabe fourmi).

47 espèces en Belgique. La plus commune est Pardosa lugubris.
Ce sont des chasseuses actives et puissantes. Elles vivent généralement au sol. Leur vue est excellente grâce à la disposition particulière de leurs huit yeux, ce qui leur permet de repérer les proies en mouvement. Les femelles transportent leur cocon d’œufs sous leur abdomen, puis, après éclosion, elles portent les jeunes sur leur dos.
Les genres fréquents sont Pardosa, Alopecosa et Trochosa (certaines espèces de Trochosa construisent des terriers ou des nids sous des pierres ou dans le sol pour se protéger et y élever leurs jeunes).

3 espèces en Belgique. La plus commune est Pisaura mirabilis.
Le nom anglais « Nursery web spiders » vient du fait que la femelle confectionne une toile pouponnière. Son prosoma a une fine ligne médiane se terminant par un « toupet » au-dessus des yeux. Ses pattes sont moins épineuses que les Lycoses.
Les mâles offrent un cadeau pour la parade nuptiale.
Les genres (en Belgique) sont: Pisaura et Dolomedes (ces dernières sont plus localisées dans les zones marécageuses ou à proximité de plans d'eau)

Épeire diadème (Araneus diadematus)

Araneus marmoreus ou Épeire marbrée

Araneus marmoreus ou Épeire marbrée dans sa retraite

Épeire des bois (Aculepeira ceropegia)

Épeire des roseaux (Larinioides cornutus)

Epeire de velours (Agalenatea redii)

Larinioides sericatus (Epeire des ponts)

Epeire dromadaire (Gibbaranea bituberculata)

Araniella

Argiope frelon (Argiope bruennichi)

Mangore petite-bouteille (Mangora acalypha)

Diodie tête de mort (zilla diodia) - Epeire

Cyclosa oculata (Épeire)

Cyclose (Épeire).

Tetragnatha (zoom lames maxillaires)

Tétragnatha

Tétragnatha (mâle)

Tétragnatha

Metellina (Tétragnathe)

Agelena labyrinthica (Agelenidae - Tégénaire)

Agelena labyrinthica juvénile (Agelenidae - Tégénaire)

Agelena labyrinthica (Agelenidae - Tégénaire)

Amaurobe

Toile de Ségestrie. Wikipedia.

Tisserand triangle mâle (Linyphiidae)

Linyphiidae, probablement Erigone

Marpissa muscosa - mâle (Saltique).

Marpissa muscosa - femelle (Saltique)

Evarcha arcuata (Saltique)

Evarcha arcuata - mâle (Saltique)

Heliophanus sp - femelle (Saltique)

Saitis barbipes - mâle (Saltique)

Salticus scenicus (Saltique)

Aelurillus v-insignatus - mâle (Saltique)

Aelurillus v-insignatus - mâle, parade nuptiale (Saltique)

Aelurillus v-insignatus - femelle (Saltique)

Misumène variable "version jaune" - femelle.

Misumène variable "version blanche".

Diaea dorsata (Thomise)

Ebrechtella tricuspidata (Thomise)

Ebrechtella tricuspidata - mâle (Thomise)

Synema globosum (Thomise)

Synema globosum (Thomise)

Thomisis onustus ou Thomise enflée - mâle

Thomisus onustus ou Thomise enflée - femelle

Tmarus piger (Thomise)

Xysticus (Thomise)

Xysticus - mâle (Thomise)

Philodromus - mâle

Tibellus (Philodromes)

Thanatus formicinus, l'araignée diamant ou araignée crabe fourmi. Philodromes.

Pardosa (Lycoses)

Pardosa (Lycoses)

Alopecosa pulverulenta (Lycoses)

Pisaure admirable (Pisaures)

Pisaure admirable (mâle)

Pisaure admirable mâle préparant un cadeau nuptial

Arachné est une tisseuse exceptionnelle. Elle refuse d’attribuer son talent à la déesse Athéna. Athéna la défie alors à un concours de tissage. Sa toile était à l’image de son orgueil et de son insolence envers les Dieux : elle représentait Zeus sous la forme de plusieurs animaux, entouré de ses nombreuses conquêtes. La toile était tellement belle et majestueuse que tous les regards étaient portés sur elle, éclipsant celle d’Athéna. Furieuse, la déesse Athéna se précipita sur la toile et la déchira, puis elle frappa Arachné avec sa navette de tissage devant toute la population. Humiliée, la jeune tisseuse se réfugia dans sa chambre et se pendit. Lorsque Athéna vit le corps suspendu et inanimé de sa rivale, elle eut pitié. Elle la ressuscita en la prévenant : « Vis, mais reste suspendue, misérable ! Si tu prétends être si douée pour le tissage alors tu tisseras toute ta vie ! ». Elle métamorphosa alors Arachné en araignée !
Dans la tradition islamique, le prophète Mahomet fuit La Mecque avec Abu Bakr. Poursuivis, ils se cachent dans une grotte. Une araignée tisse sa toile à l’entrée et une colombe y fait son nid. Les poursuivants pensent alors que personne n’est entré. Grâce à cela, Mahomet échappe au danger.
Anansi le farceur est une figure majeure du folklore d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes.
Héros culturel, il agit aux côtés de son père Nyamé, le dieu du ciel, accomplissant diverses missions. Il est tour à tour représenté comme une araignée, un homme, ou un mélange des deux. Selon les récits, il serait à l’origine du soleil, des étoiles et de la lune, et aurait enseigné l’agriculture aux humains. Une légende raconte qu’en voulant garder toute la sagesse du monde pour lui, il comprit l’absurdité de son geste et la libéra.
En Occident, l’araignée est souvent perçue de manière négative et suscite la peur.
Des écrits de la fin du XVIe et du XVIIe siècle affirmaient que sa piqûre pouvait provoquer des rires ou des pleurs jusqu’à la mort. La tarentelle est une danse folklorique rapide du sud de l'Italie (Pouilles, Campanie) remontant au Moyen Âge et attestée dès le XVIIIe siècle. Originaire de Tarente, elle est liée à la légende de la "fausse-tarentule" (Lycosa tarantula), une araignée locale dont la morsure provoquait, croyait-on, le "tarentisme".
Aujourd’hui encore, certaines idées persistent, comme celle qu’elles entreraient dans la bouche des dormeurs. Elles sont également parfois accusées d’être à l’origine de boutons visibles sur la peau au réveil.
Clé de détermination photographique des principales araignées de Belgique, Sébastien Renson, Ed. CNB
A la découverte des araignées et autres arachnides, A. Canard et Ch. Rollard, Ed. Dunod
Cahier technique FCPN "Dans les yeux des araignées errantes"
Fiche technique n°34 "Animer autour des araignées", sur cpie-hautsdefrance
Dans la tête d'une araignée, Raphaël Jeanson
Série "Les Araignées", Baleine sous gravillon
"Araignées : nées sous une bonne toile", Science CQFP (octobre 2025) sur RadioFrance
Webinaires de l'Opie IX : "Les araignées", par Christine Rollard
[De nombreuses conférences avec Christine Collard sont disponibles sur YouTube]
"Les Araignées - Documentaire animalier - Animaux & Autres" - NatGeo Wild, sur YouTube
"Le regard de l'araignée", Court métrage de Léa Collober, sur YouTube
Joignez une balade guidée, une des miennes à Ixelles (voir agenda) ou une organisée près de chez vous: regardez sur l'agenda des Cercles des Naturalistes de Belgique et sur celui de Natagora pour en trouver une (Belgique).
Curieux de savoir qui habite près de chez vous ? Pour la Belgique: consultez le site observations.be: sélectionnez le site (votre commune/quartier), "arthropodes - autres" - vous verrez la liste des espèces d'araignées observées.
Lancez-vous! Cherchez-les, photographiez-les, identifiez-les, à l'aide de la clé de Sébastien Renson (CNB)
Sensibilisez autour de vous !
Sentinelles du Vivant - Guide Naturaliste