Quand, au cours de mes guidances, je demande : « Si je vous dis abeille, à quel mot pensez-vous ? », les réponses sont presque toujours les mêmes : miel, ruches, fleurs…
Et vous, en lisant ces lignes, à quoi pensez-vous ?
Puis je poursuis : « Quelles espèces d’abeilles connaissez-vous ? ». Là encore, les réponses se ressemblent : l’abeille mellifère, les bourdons… et, parfois, l’osmie, qui fréquente les hôtels à insectes. Alors, quand je montre des nids creusés dans le sol, sur un chemin ou entre les pavés, ou une minuscule abeille, l’étonnement est immédiat.
L’attention accordée aux abeilles domestiques dans les médias nous a peu à peu fait oublier l’extraordinaire diversité des abeilles sauvages. Cette page a pour objectif de vous les faire découvrir, de vous donner des clés pour mieux les préserver... et l'envie de les faire découvrir à votre tour.
Les abeilles sont des pollinisatrices majeures. La pollinisation, c’est le transport d’un grain de pollen depuis les étamines (organes mâles) vers le pistil (organe femelle) d’une autre fleur de la même espèce.
Pas de pollinisation, pas de fécondation. Pas de fécondation, pas de fruit ! Pas de fruit, pas de graine pour la reproduction.
Environ 85 % des plantes à fleurs dépendent des pollinisateurs pour se reproduire. En Europe, ces pollinisateurs sont des insectes. Quatre grands groupes jouent ce rôle : les hyménoptères (abeilles et guêpes), les diptères (mouches), les lépidoptères (papillons) et les coléoptères.
👉 Les abeilles ne sont donc pas les seules à assurer la pollinisation… mais elles en sont des actrices essentielles.
On compte plus de 400 espèces d’abeilles en Belgique… dont une seule est l’abeille domestique (l'Abeille noire en est une sous-espèce). Il en existe près de 1000 en France, 2000 en Europe - réparties en six grandes familles (et plus de 22000 dans le monde). Ces 6 familles sont: les Andrènes, les Collètes, les Halictes, les Mélittes, les Mégachiles et les Apidés.
Pour comparer : il y a environ 230 espèces d’oiseaux en Belgique, un peu plus de 400 en France, et près de 11 000 dans le monde. Deux fois moins que les abeilles !
👉 Et vous… connaissez-vous deux fois plus d’espèces d’abeilles que d’oiseaux ?
Une abeille est un insecte, de l’ordre des hyménoptères. Comme tous les insectes, elle a un corps divisé en trois parties (tête, thorax, abdomen),deux paires d’ailes, des antennes et des pièces buccales externes.
« Hyménoptère » signifie « ailes mariées », car elles sont reliées par des crochets. Les abeilles ont deux yeux composés (à facettes), ainsi que trois petits yeux simples (ocelles), qui perçoivent les variations de lumière. Elles ont les pattes postérieures élargies et sont poilues - ces poils sont branchus (pour mieux accrocher le pollen). Au repos, elles croisent leurs ailes sur le dos.
👉 Pour les différencier, observez les nervures des ailes, la longueur de la langue et la manière de transporter le pollen: dans des corbeilles (bourdons et abeille domestique), sur les pattes, sur les hanches, sous le ventre, dans le jabot…
Faux!
Seule l'abeille domestique (Apis mellifera) vit en ruche et fait du miel. Parmi les 400 espèces belges, la majorité sont solitaires (les bourdons, ainsi que des espèces de la famille Halictes sont +/- sociaux), et terricoles (nichent dans le sol).
Chez les abeilles solitaires, les larves passent l’hiver en pause, puis émergent au printemps ou en été selon les espèces. Les mâles précèdent les femelles de quelques jours et ne vivent que peu de temps après l’accouplement. Les femelles vivent environ quatre semaines : le temps de pondre et de constituer des réserves pour leurs larves.
Chez les espèces sociales, comme les bourdons, seules les gynes (femelles fécondées) passent l’hiver. Au printemps, la gyne se réveille, reprend des forces, puis fonde une colonie : elle installe un nid, pond et veille sur les premières larves. Une fois celles-ci adultes, ces "ouvrières" prennent en charge la colonie, tandis que la reine se consacre à la ponte. En fin de saison, des mâles et femelles fertiles sont produits. Après l’accouplement, la colonie disparaît et seules les jeunes gynes hiverneront.
Faux!
Toutes les abeilles femelles possèdent un dard - qui est une modification de leur appareil permettant de pondre (ovipositeur). Les mâles n'en possèdent donc pas.
Seule l'abeille domestique meurt (quasiment toujours) après avoir piqué. Les autres espèces ont un dard lisse, qui ne s'arrache pas au moment du retrait.
👉 De façon générale, l'abeille mellifère va piquer quand on s'approche des ruches de trop près, mais les abeilles sauvages sont placides et ne piqueront qu’exceptionnellement, si on les serre dans son poing par exemple.
Faux et Vrai!
Les abeilles adultes se nourrissent de nectar (sucre) qui leur sert de carburant.
Le pollen (protéines) est récolté pour nourrir les larves - c'est souvent un mélange pollen/nectar qui est stocké pour le nourrissage des larves.
Il y a environ 170 millions d’années apparaissent les plantes à fleurs (angiospermes). Leur règne succède à celui des gymnospermes (“graine nue”) comme les conifères par exemple.
Grâce à leurs fleurs, ces plantes attirent des "intermédiaires" avec du nectar. En transportant "accidentellement" le pollen de fleur en fleur, les pollinisateurs permettent la fécondation croisée, favorisant la diversité génétique et l’adaptation des plantes.
👉 C'est alors que des guêpes primitives vont progressivement délaisser la chasse pour nourrir leurs larves avec du pollen. C’est ainsi que sont apparues les abeilles : des guêpes devenues végétariennes.
Vrai!
Produire du pollen est coûteux pour une plante. Pour optimiser les visites des pollinisateurs, les fleurs leur indiquent où et quand venir.
Elles communiquent grâce à plusieurs signaux : la forme (profondeur, mécanismes...), la couleur (y compris les UV et les changements après fécondation), les odeurs (mélanges de molécules spécifiques), le champ électrique (que la fleur inverse par rapport à son visiteur), les vibrations (certains pétuniass produisent plus de nectar en "reconnaissant" les vibrations de leur pollinisateur préféré).
A noter que certaines plantes sont tricheuses (les orchidées) et d’autres comme le gouet, piègent temporairement leurs visiteurs.
👉 Tout cela illustre la coévolution entre plantes et pollinisateurs.
Faux!
Toutes les abeilles ne sont pas outillées pour visiter toutes les fleurs:
Les espèces à langue longue peuvent atteindre le nectar au fond de fleurs profondes (comme la consoude). Il s'agit des familles Mégachiles et Apidés. Les Mélittes ont des langues moyennes.
À l’inverse, les abeilles à langue courte se limitent à des fleurs ouvertes. Il s'agit des familles Andrènes, Collètes et Halictes.
👉 Cela illustre également la coévolution entre plantes et pollinisateurs. Les abeilles "de chez nous" ne sont pas équipées pour butiner des fleurs exotiques ou des fleurs horticoles (et/ou celles-ci ne produisent pas le pollen adéquat pour les larves).
Faux!
Aucun mâle ne collecte de pollen, leur rôle est limité à la reproduction.
Ni les abeilles « coucou »:
Ces espèces pondent leurs œufs dans les nids d’autres abeilles. La larve se développe alors en consommant les réserves prévues par l’hôte pour sa larve.
👉 Certaines espèces de bourdons sont elles aussi parasites : elles sont dites "inquilines". La femelle fécondée s’introduit dans le nid d’une colonie de bourdons, élimine la reine en place (ou s'installe comme pique-assiette à demeure), puis laisse les ouvrières élever sa propre descendance. Ces coucous ressemblent à l'espèce qu'ils parasitent, mais sont plus "bodybuildés", ont les ailes fumées et ne possèdent pas de structures pour transporter le pollen.
Faux!
Certaines abeilles sont généralistes (polylectiques) : elles butinent une grande variété de plantes. D’autres sont spécialistes (monolectiques ou oligolectiques) : elles dépendent d’une ou de quelques plantes spécifiques pour nourrir leurs larves. Par exemple, certaines espèces sont liées aux saules, d'autres à la seule bryone, tandis que d'autres encore récoltent exclusivement des huiles sur une espèce de plante bien précise (comme la Mélitte de la Lysimaque ).
👉 On parle de réseau de pollinisation:
c'est l'ensemble des interactions entre les plantes à fleurs et leurs pollinisateurs dans un milieu donné. Certaines plantes peuvent être pollinisées par plusieurs espèces d'abeilles, d'autres par une seule espèce. Certaines espèces d'abeilles peuvent butiner toutes les espèces de plantes, d'autres que quelques unes, voire une seule. Plus ce réseau complexe d’échanges est riche et diversifié, plus il est résilient face aux perturbations.
Vrai!
Chez les abeilles, après l'accouplement, la femelle stocke le sperme dans une spermathèque située dans son abdomen. Quand elle pond, elle choisit de faire passer l’œuf ou pas dans la spermathèque.
Un œuf fécondé donnera une femelle. Un œuf non fécondé donnera un mâle. On parle de parthénogenèse arrhénotoque.
Chez les Hyménoptères, les femelles sont diploïdes (ont deux jeux de chromosomes), les mâles sont haploïdes (un seul jeu).
👉 Chez les osmies, par exemple, les œufs destinés à devenir des femelles sont pondus au fond du nid, tandis que les œufs mâles sont placés près de l’entrée. Ainsi, les mâles émergent quelques jours avant leurs sœurs.
Vrai!
Chez les bourdons, des études récentes ont montré qu’ils peuvent apprendre en observant leurs congénères, transmettre ces comportements et même les améliorer : de véritables traditions peuvent ainsi émerger. Plus surprenant encore, ils peuvent jouer, en manipulant des objets sans récompense ni objectif, simplement pour le plaisir.
👉 Ces découvertes révèlent que les insectes sont capables d’apprentissage social, de flexibilité… voire de ressentir des formes d'émotion. Pour plus de détails: https://youtu.be/ELASPoo4IvA?si=Zg1y-r3ZzGR_0MPV (30 minutes) et/ou https://www.youtube.com/watch?v=3zY6gKLTT9g (1h30)

Deux grand yeux composés en forme d'amande et trois ocelles (yeux simples) sur le haut de la tête

Nomada (abeille-coucou): ressemble à une guêpe, mais porte ses ailes croisés sur le dos.

Par comparaison, cette guêpe poliste (Vespoidea) porte les ailes pliées dans le sen de la longueur, légèrement écartées du corps.

Collecte de pollen dans une corbeille (le pollen est mouillé): bourdons et abeille mellifère uniquement

Collecte sur les poils tibiaux - nombreux groupes

Collecte sur les poils tibiaux. Extrêmement longs chez la Dasypose à culottes.

Collecte de pollen jusqu'au niveau de la hanche (flocculus) - uniquement chez les Andrènes.

Collecte de pollen jusqu'au niveau de la hanche (flocculus) - uniquement chez les Andrènes.

Collecte sur une brosse ventrale: Mégachiles uniquement

Collecte de pollen dans le jabot: cas du genre Hylées

Cycle des abeilles solitaires. Cas de l'osmie. Crédit: https://www.abeillerousse.fr/labeille-rousse/la-vie-de-labeille-rousse/


Co-évolution plante/insecte: marquage UV.
© Klaus Schmitt


Fleur de marronnier fécondée vue par les humains à gauche, et par les insectes à droite. Les tâches devenues rouges ne sont pas visibles par les butineurs. © Christophe Bornand

Marques d'atterrissage de l'Epiaire dressée.

Mécanisme (sauge, lavande): en atteignant le nectar, le bourdon actionne un levier qui bascule et colle le pollen sur sa tête.

La fleur prend la charge magnétique inverse du pollinisateur en approche. Source: https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.1607426113

Résultat: le pollen "saute" sur le bourdon,


Bourdon-coucou: bodybuildé, ailes fumées et pas de structure de collecte.

Source: Tela Botanica. A droite en bas: perturbation du réseau par ajout de ruches.




Cette famille est particulièrement diversifiée, avec près de 95 espèces en Belgique. Elle comprend les Andrènes et les Panurges.
Les Andrènes (92 espèces) sont des abeilles solitaires terricoles : elles creusent leurs nids dans des sols meubles, sableux, parfois même entre les pavés. Deux caractéristiques : la fovéa, une zone velue située entre les yeux et la base des antennes ; et le flocculus, une brosse de poils portée sur la hanche, utilisée pour transporter le pollen. Certaines sont spécialisées tandis que d’autres butinent une grande variété de fleurs. On les appelle Mining bees (EN) ou Zandbijen (NL).
Les Panurges (3 espèces): plus discrètes, ces abeilles ont un corps noir, brillant et presque glabre. Elles se distinguent par leurs longues soies blondes sur les pattes arrière, d’où leur nom anglais de shaggy bees (« abeilles hirsutes »). Elles butinent exclusivement des Astéracées (surtout les jaunes ligulées, comme le pissenlit).

Cette famille regroupe 37 espèces en Belgique, réparties en deux genres : les Collètes et les Hylées.
Les Collètes (9 espèces) aménagent leur nid dans le sol et recouvrent la paroi de leurs cellules d’une membrane transparente rappelant la cellophane — d’où leur nom anglais de Cellophane bees. Bien que solitaires, elles peuvent former de vastes bourgades, parfois composées de centaines, voire de milliers de nids. Beaucoup d’espèces sont spécialisées sur certaines plantes, comme les astéracées, le lierre ou le saule. On ne verra donc ces espèces que pendant la période de floraison de la plante qu'elle butine (en septembre pour la Collète du lierre). Elles sont très poilues, y compris sous les yeux, ce qui les souligne joliment. L'abdomen porte des bandes claires.
Les Hylées (28 espèces) sont très petites, souvent noires et glabres. Elles se reconnaissent à leur « masque » facial, plus large chez les mâles, ce qui leur vaut le nom anglais de yellow-faced bees. Elles nichent dans la moelle des tiges creuses et transportent le pollen dans leur jabot. Là aussi, de nombreuses espèces sont spécialisées.

Cette famille compte 85 espèces en Belgique, réparties en 6 genres, dont les principaux sont les Halictes, les Lasioglosses et les Sphécodes.
Les Halictes et les Lasioglosses (Furrow bees en anglais) comptent des espèces avec un degré de sociabilité variable selon les espèces et les régions (certaines espèces sont sociales dans le sud de l'Europe, solitaires dans le nord). Les femelles portent un sillon glabre à l’extrémité de l’abdomen.
Les Halictes nichent dans le sol - parfois en très grandes bourgades. Elles présentent des bandes de poils clairs sur l'abdomen. L'Halicte de la scabieuse (photo) semble ainsi avoir des bandes de 3 couleurs.
Les Lasioglosses sont de petites (voire très petites) abeilles terricoles qui construisent leurs nids dans le sol. On en remarque l'entrée par la présence d’un petit monticule de terre. Chez de nombreuses espèces les femelles recouvrent l’intérieur des loges d'une pellicule hydrofuge qui maintient un taux d’humidité correct.
Les Sphécodes (Blood bees) sont des abeilles-coucou qui pondent leurs œufs, selon les espèces, dans les nids d'Andrènes ou d'Halictes. Dans ce dernier cas, elles n'hésiteront pas à tuer les gardiennes de la colonie pour y rentrer pondre. Elles ont des antennes noires, des ailes sombres et l'abdomen rouge avec le bout noir.

Cette petite famille compte 8 espèces en Belgique, réparties en 3 genres:
Les Melittes, trapues, se distinguent par l’extrémité tronquée des antennes (blunthorn bees) et leurs « pieds larges » : les tarses des pattes arrière sont élargis, en forme de goutte.
Les Macropis sont des abeilles noires et trapues qui possèdent un métatarse postérieur très élargi et une scopa (organe de collecte) blanche très visible, donnant l’impression de « guêtres ». Ce sont des abeilles collectrices d’huile (oil-collecting bees), spécialisées sur certaines plantes.
Les Dasypodes ne comptent qu'une espèce en Belgique: la Dasypode à culottes. Elle se reconnaît à ses longs poils orangés sur les pattes arrière, qui, chargées de pollen, évoquent un pantalon bouffant (pantaloon bee). Elle est spécialisée sur les astéracées ligulées.

Cette famille compte 69 espèces, réparties en 9 genres. Les cinq genres les plus souvent observés sont les Mégachiles, les Osmies, les Anthidies, les Hériades et les Chélostomes. Dans cette famille, les abeilles sont solitaires, collectent le pollen sur leur brosse ventrale et utilisent des matériaux divers pour confectionner les cellules de leurs nids.
Les Mégachiles (15 espèces) sont les « abeilles coupeuses de feuilles» (Leaf-cutter bees). Leur abdomen légèrement aplati et pointu présente une pilosité courte (bandes) et se relève lors de la collecte de pollen. La plupart confectionnent leurs nids à l’aide de morceaux de feuilles enroulés (comme des petits cigares).
Les Osmies/Hoplites (25 espèces), ou abeilles maçonnes (Mason bees), sont généralement velues, avec parfois des reflets métalliques. Elles construisent leurs nids dans toutes sortes de trous de bon diamètre (tubes, bois percé, trous de fenêtre). Elles cloisonnent ensuite l’entrée avec un mélange de terre et de salive.
Les Anthidies (4 espèces) sont trapues, peu velues avec un abdomen rayé jaune et noir. Elles collectent des poils végétaux (Wool-carder bees). Les mâles sont très territoriaux: ils possèdent des "piques"sur l'abdomen pour faire fuir les concurrents.
Les Hériades (1 espèce): l'Hériade des troncs (Resin bees) est noire, cylindrique et peu poilue. Quand elle butine, elle "tapote" son ventre sur la fleur.
Les Chélostomes (4 espèces) sont de petites abeilles spécialisées (renoncules ou campanules) au corps long, noir et cylindrique, avec deux projections au bout de l'abdomen (Scissor bees).

Cette famille, très diversifiée, compte 99 espèces réparties en 11 genres. On y retrouve les stars du grand public: l'Abeille mellifère (genre Apis) et les bourdons (genre Bombus). Les autres genres sont des abeilles solitaires, et les plus fréquemment observés sont les Anthophores et les Nomada. D'autres encore sont les Xylocopes (grosses charpentières sombres), les Eucères (aux longues antennes), les Cératines et les Mélectes.
Les Bourdons (30 espèces) sont des abeilles robustes et très poilues (Bumblebees). Leur corps trapu, souvent noir et jaune, leur permet de voler même par temps frais. Ce sont des espèces sociales qui nichent dans le sol ou dans des cavités. Excellents pollinisateurs, ils peuvent vibrer pour extraire le pollen de certaines fleurs (pollinisation vibratile ou "buzzing" - essentielle pour la pollinisation des tomates).
Les Anthophores (8 espèces) sont des abeilles rapides et velues (Flower bees). Elles ressemblent à de petits bourdons mais sont solitaires. Elles nichent dans des talus verticaux argileux ou dans le mortier friable des constructions. On les reconnaît à leur vol vif et bruyant, et à leur capacité à rester en vol stationnaire devant les fleurs.
Les Nomada (49 espèces) sont des abeilles « coucous » (Nomad bees). Leur corps est souvent jaune et noir, peu poilu, évoquant une petite guêpe. Elles ne construisent pas de nid et ne récoltent pas de pollen : elles pondent leurs œufs dans les nids d’autres abeilles, où leurs larves se développent aux dépens de l’hôte.

Andrène limpide

Andrène vague

Collète daviesanus/fodiens/similis

Hylée (mâle)

Panurge

Hylées (accouplement), Jardin du Roi, Bruxelles.

Halicte de la scabieuse (mâle)

Halicte semi-doré

Lasioglosse

Lasioglosse

Mélitte de la salicaire

Macropède pattes-brunes

Dasypode à culottes

Mégachile

Mégachile des jardins (mâle)

Osmie cornue

Osmie rousse

Anthidie à manchettes (mâle)

Hériade des troncs

Chélostome des campanules

Bourdon des champs

Anthophore plumeuse (mâle)

Anthophore plumeuse (femelle)

Nomade zonée

Nomade jaune

Nomade commune

Xylocope violette (mâle)

Eucère

Cératine

Mélècte commune

Entre les pavés (Andrènes, Lasioglosses): cherchez les traces de sable frais

Entre les pavés (Andrène)

Nid en volcan (Lasioglosse)

Terrains meubles ou sableux en légère pente, bien exposés (Andrènes, Collètes)

Terrains bien tassés, comme les chemins: Lasioglosses

Zone type "prairie fleurie", même petite comme dans les parcs

Les parterres de consoudes (langues longues: bourdons et anthophores)

Arbres fruitiers, type "Prunus"

Plantes et insectes travaillent ensemble depuis des millions d'années: privilégiez les plantes locales, veillez à la diversité (fleurs ouvertes, fleurs tubulaires), à une floraison étalée sur toute l'année (du crocus au lierre). Attention aux mélanges "prairie fleurie" qui contiennent souvent des horticoles/exotiques. Préférez les mélang
Plantes et insectes travaillent ensemble depuis des millions d'années: privilégiez les plantes locales, veillez à la diversité (fleurs ouvertes, fleurs tubulaires), à une floraison étalée sur toute l'année (du crocus au lierre). Attention aux mélanges "prairie fleurie" qui contiennent souvent des horticoles/exotiques. Préférez les mélanges ecosem (BE) / végétal-local (FR).
Des idées plus précises ?
Plantez des aromatiques comme l’origan, le romarin, la menthe (pour les langues longues). La mauve attire tout le monde et pousse bien partout. Ensuite, ça dépend de votre orientation (soleil, ombre): géranium, centaurées, vipérines, tanaisie, séneçon … Et n'oubliez pas les petits buissons (rosier sauvage, chèvrefeuille). Le pissenlit et le trèfle sont essentiels, surtout en début et fin de saison, alors ne tondez pas à ras, pratiquez la tonte différenciée, ou encore mieux laissez des zones en libre évolution.

Favorisez la biodiversité en préservant/aménageant des espaces naturels pour tous les pollinisateurs: sols sableux, terre nue, petits tas de pierres... et matériaux de construction pour les Mégachiles: boue, résine, fleurs avec «coton», bois mort.
Évitez l'artificialisation (y compris des trottoirs pavés) et l'uniformisation de votre jar
Favorisez la biodiversité en préservant/aménageant des espaces naturels pour tous les pollinisateurs: sols sableux, terre nue, petits tas de pierres... et matériaux de construction pour les Mégachiles: boue, résine, fleurs avec «coton», bois mort.
Évitez l'artificialisation (y compris des trottoirs pavés) et l'uniformisation de votre jardin.
En rue, dans les parcs, forêts, de mars à septembre... regardez où vous marchez et évitez d'écraser les nids - ce qui les rend très difficiles à retrouver pour les abeilles ;-).

Placer des ruches, c'est ajouter une grande pression sur les abeilles sauvages, car les abeilles mellifères (grandes et nombreuses - 50 à 80 mille/ruche) rivalisent avec les abeilles sauvages locales pour les ressources.
Placer un hôtel à insectes a un intérêt pédagogique pour la sensibilisation, mais ne sera utilisé que par une poignée d
Placer des ruches, c'est ajouter une grande pression sur les abeilles sauvages, car les abeilles mellifères (grandes et nombreuses - 50 à 80 mille/ruche) rivalisent avec les abeilles sauvages locales pour les ressources.
Placer un hôtel à insectes a un intérêt pédagogique pour la sensibilisation, mais ne sera utilisé que par une poignée d'espèces, et surtout ne leur profitera pas. Ils font surtout le bonheur des prédateurs (oiseaux, frelons) et des parasites (photo), et facilitent la transmission d’agents pathogènes.
Planter des fleurs horticoles... jolies aux yeux des humains, inutiles aux pollinisateurs.
Planter un Buddleia (arbre à papillons): Il s'agit d'une espèce exotique envahissante: l’arbuste se propage, prend la place des plantes indigène, et les pollinisateurs ne trouvent alors plus les fleurs adéquates pour butiner. Si vous en avez un au jardin, il est conseillé de couper les fleurs avant qu'elles ne se transforment en graines (ou de couper l'arbre au profit d'espèces indigènes).

Découvrir les abeilles sauvages (Monique Berger)
A quoi pensent les abeilles (Mathieu Lihoreau )
Cahier technique FCPN "Les abeilles solitaires"
la série "SPECIAL Auxiliaires", que vous pouvez trouver ici: https://www.arthropologia.org/blog/podcast-combat-les-auxiliaires-de-culture#
Sur les abeilles: https://www.youtube.com/watch?v=RQscYtG1vhM&list=PLe5feICX-qKEYo3yglVvehAAsOZKNpovq&index=19
et https://www.youtube.com/watch?v=6eMV8Bvv0V8&list=PLe5feICX-qKEYo3yglVvehAAsOZKNpovq&index=20
Sur les bourdons (en anglais): https://www.youtube.com/watch?v=rFEbwp7rPF8)
Sur la cognition: https://www.youtube.com/watch?v=ELASPoo4IvA
Joignez une balade guidée, une des miennes à Ixelles (voir agenda) ou une organisée près de chez vous: regardez sur l'agenda des Cercles des Naturalistes de Belgique et sur celui de Natagora pour en trouver une (Belgique).
Curieux de savoir qui habite près de chez vous ? Pour la Belgique: consultez le site observations.be: sélectionnez le site (votre commune/quartier), l'ordre des hyménoptères - vous verrez la liste des espèces d'abeilles observées.
Lancez-vous! Cherchez-les, photographiez-les, identifiez-les, à l'aide de la clé SAPOLL: https://sapoll.eu/une-cle-simplifiee-des-genres-dapoides/
Sensibilisez autour de vous ! Si vous souhaitez de petits panneaux A4 à poser près de chez vous, faites-moi signe !

Bourdon terrestre.

Bourdon des champs

Andrène vague

Osmie cornue

Anthophore plumeuse

Lasioglosse

Sphécode (coucou de Andrènes et Halictes/Lasioglosses)

Andrène fauve

Nomade bifasciée (coucou de l'Andrène fauve)

Andrène limpide

Andrène cinéraire

Nomade commune (coucou de l'Andrène noir-bronze et Andrène cinéraire)

Andrène à pattes jaunes

Andrène cul-rouille

Halicte pattes-rouges

Collète lapin
Sentinelles du Vivant - Guide Naturaliste